Phlébologie Annales Vasculaires    Société Française de Phlébologie
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Catalogue / article

2019, 72, 3, p.9-22

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Effets de l'activité sportive intensive sur la prévalence des varices.

Effects of intensive sports activity on the prevalence of varicose veins.

Auteurs/Authors : Thomas H., Béliard S.

Mots-clés : Maladie veineuse chronique, Activité physique intensive, Varices

Keywords: Chronic venous disorders, Intensive physical activity, Varicose veins

Résumé :

Introduction : Les épreuves d’endurance intensive connaissent un véritable engouement depuis quelques années avec un nombre croissant du nombre de concurrents.
La maladie veineuse chronique est un problème de santé publique majeur.
La pratique d’une activité physique est donc recommandée en prévention de l’insuffisance veineuse chronique.
Cependant, peu d’études se sont intéressées à l’impact de l’activité physique intensive sur le développement de la maladie veineuse chronique.
De plus, le seuil de pratique au-delà duquel le bénéfice en lien avec l’activité physique est annulé voire inversé est inconnu.
Objectifs de l’étude : L’objectif principal est de comparer la prévalence des varices au niveau des membres inférieurs dans une population exposée à une pratique sportive intensive par rapport à des individus n’ayant pas une pratique sportive intensive, après un appariement selon le sexe, l’âge et l’IMC.
Les objectifs secondaires sont de comparer dans les deux groupes, la fréquence des symptômes en lien avec les affections veineuses chroniques, la fréquence d’un reflux veineux au sein du réseau veineux superficiel et le calibre moyen des veines du réseau profond et superficiel des membres inférieurs.

Matériels et méthodes : Étude cas témoins, observationnelle, prospective et multicentrique. L’inclusion des patients a débuté le 10/10/15.
La pratique intensive d’une activité physique a été définie comme une pratique depuis plus de 6 mois d’un entraînement d’au moins 8 heures par semaine.
Des données cliniques et écho-doppler ont été recueillies dans chacun des deux groupes.
Résultats : 113 sujets ont été inclus dans le groupe sportif intensif et 119 dans le groupe contrôle. L’appariement a permis de garder 108 sujets dans le groupe sportifs intensifs contre 111 sujets dans le groupe contrôle.
Il a été mis en évidence une prévalence plus élevée de varices dans le groupe sportifs intensifs par rapport au groupe contrôle, avec un taux significativement différent (45(21 %) vs 11(5 %), p = 0,0001).
La fréquence des varices était donc divisée par 4 dans le groupe témoin, comparativement au groupe de sportifs intensifs (OR = 0.23 IC 95 % (0.11-0.5) p < 0,001).
Nous avons également observé un taux plus élevé d’incontinence des veines grandes et petites saphènes ainsi que des diamètres antéro-postérieurs de veines superficielles et profondes plus importants.
Les symptômes de maladie veineuse chronique étaient significativement plus important dans le groupe contrôle (p = 0,011).
Conclusion : Notre étude montre une prévalence significativement plus élevée des varices chez les sujets pratiquant une activité physique intensive par rapport à un groupe contrôle.
Elle met également en évidence une augmentation significative des calibres des veines superficielles et
profondes et du taux de reflux chez les sportifs intensifs.

Si l’activité physique est recommandée pour la santé et pour lutter contre l’insuffisance veineuse, notre étude préconise une pratique sportive non intensive.
Des études complémentaires avec un suivi au long cours sont nécessaires, pour confirmer ces constations, mais également pour discriminer la responsabilité des sports pratiqués et définir un seuil au-delà duquel le bénéfice de l’activité physique est inversé.
Les données présentées dans cet article sont des résultats préliminaires du projet VARISPORT.

Summary :

Introduction: Intensive endurance events have become very popular in recent years with a growing number of competitors.
Chronic venous disease is a major public health problem.

Physical activity is therefore recommended for the prevention of chronic venous insufficiency.
However, few studies have investigated the impact of intensive physical activity on the development of chronic venous disease.
In addition, the threshold of practice beyond which the benefit related to physical activity is canceled or even reversed is unknown.
Objectives of the study: The main objective is to compare the prevalence of varicose veins in the lower limbs in a population exposed to intensive sports practice compared to individuals who do not have intensive sports practice, after matching by sex, age and BMI.
The secondary objectives are to compare in both groups, the frequency of symptoms related to chronic venous affections, the frequency of venous reflux in the superficial venous network and the average caliber of the veins of the deep and superficial network of the lower limbs.

Materials and methods: Case-control, observational, prospective and multicenter study. Inclusion of patients started on 10/10/15.

The intensive practice of a physical activity has been defined as a practice for more than 6 months of a training of at least 8 hours per week.
Clinical and Doppler data were collected in each of the two groups.
Results: 113 subjects were included in the intensive sports group and 119 in the control group. The match allowed to keep 108 subjects in the intensive sports group against 111 subjects in the control group.
There was a higher prevalence of varicose veins in the intensive sports group compared to the control group, with a significantly different rate (45 (21%) vs 11 (5%), p = 0.0001).
The frequency of varicose veins was thus divided by 4 in the control group, compared to the intensive sports group (OR = 0.23 95% CI (0.11-0.5) p < 0.001).
We also observed a higher rate of incontinence of large and small saphenous veins as well as anteroposterior diameters of superficial and deep veins.
The symptoms of chronic venous disease were significantly greater in the control group (p = 0.011).
Conclusion: Our study shows a significantly higher prevalence of varicose veins in subjects engaged in
intensive physical activity compared to a control group.
It also shows a significant increase in superficial and deep vein sizes and reflux rate in intensive athletes.
If physical activity is recommended for the health and to fight against the venous insufficiency, our study
recommends a non-intensive sport practice.
Further studies with long-term follow-up are necessary to confirm these findings, but also to discriminate the responsibility of the sports practiced and to define a threshold beyond which the benefit of the physical activity is reversed.
Data presented in this article are preliminary results of the VARISPORT project.

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